• Un jour, un poème (9/19)

    Je vous invite aujourd'hui à un voyage spatial temporel.

    Plongez au cœur du XIXème siècle et laissez vos yeux voguer avec les étoiles !

    Bon voyage !

     

    Les étoiles

     

    De ces astres brillants, son plus sublime ouvrage,
    Dieu seul connaît le nombre, et la distance, et l'âge ;
    Les uns, déjà vieillis, pâlissent à nos yeux,
    D'autres se sont perdus dans les routes des cieux,
    D'autres, comme des fleurs que son souffle caresse,
    Lèvent un front riant de grâce et de jeunesse,
    Et, charmant l'Orient de leurs fraîches clartés,
    Étonnent tout à coup l’œil qui les a comptés.
    Dans la danse céleste ils s'élancent... et l'homme,
    Ainsi qu'un nouveau-né, les salue, et les nomme.
    Quel mortel enivré de leur chaste regard,
    Laissant ses yeux flottants les fixer au hasard,
    Et cherchant le plus pur parmi ce chœur suprême,
    Ne l'a pas consacré du nom de ce qu'il aime ?
    Moi-même... il en est un, solitaire, isolé,
    Qui, dans mes longues nuits, m'a souvent consolé,
    Et dont l'éclat, voilé des ombres du mystère,
    Me rappelle un regard qui brillait sur la terre.
    Peut-être ?... ah ! puisse-t-il au céleste séjour
    Porter au moins ce nom que lui donna l'Amour !

    Cependant la nuit marche, et sur l'abîme immense
    Tous ces mondes flottants gravitent en silence,
    Et nous-même, avec eux emportés dans leur cours
    Vers un port inconnu nous avançons toujours !

     

    Alphonse de Lamartine Nouvelles méditations poétiques, 1823

     

     

    L'Etoile du Nord

     

    Cinquante ans d’efforts persistants
    Et de course qui s’accélère,
    Un demi-cycle séculaire,
    Voilà donc ce qu’il faut de temps

    Pour que les rayons éclatants
    De la blanche étoile polaire
    Oui nous conduit et nous éclaire
    Arrivent à nous. Cinquante ans !

    O phare du céleste havre,
    Ainsi tu serais un cadavre
    Aux feux éteints, aux flancs vidés.

    Que dans notre foi coutumière
    Nous serions encore guidés
    Par ta survivante lumière !

     

    Jean Richepin La Mer, 1886

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