• Un jour, un poème (18/19)

    Je vous invite à plonger dans la beauté de la langue d'un autre temps... Une jolie déclaration qui ne vous laissera pas de marbre...

     

    Dessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesse 

     

    Beauté, mon beau souci, de qui l'âme incertaine

    A, comme l'Océan, son flux et son reflux,

    Pensez de vous résoudre à soulager ma peine

    Ou je me vais résoudre à ne la souffrir plus.

     

    Vos yeux ont des appas que j'aime et que je prise.

    Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté ;

    Mais pour me retenir, s'ils font cas de ma prise,

    Il leur faut de l'Amour autant que de beauté.

     

    Quand je pense être au point que cela s'accomplisse,

    Quelque excuse toujours en empêche l'effet :

    C'est la toile sans fin de la femme d'Ulysse

    Dont l'ouvrage du soir au matin se défait.

     

    Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire

    De me l'avoir promis et vous rire de moi.

    S'il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire,

    Et s'il vous en souvient, vous n'avez point de foi.

     

    J'avais toujours fait compte, aimant chose si haute,

    De ne m'en séparer qu'avec le trépas ;

    S'il arrive autrement, ce sera votre faute

    De faire des serments et ne les tenir pas.

     

    François de Malherbe, Oeuvres poétiques, 1630

    « Et si c'était vrai de Marc LévyLe syndrôme E de Franck Thilliez »

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